La Grande distribution, le Web3 et le Metaverse

kimveillaux - 05/01/2023

Introduction : La Grande Distribution, le Web3 et le metaverse

Quelques chiffres :

Le marché de la Grande Distribution représente environ 190 milliards d’euros en France en 2019. Le secteur du e-commerce (produits et services) quant à lui représente 129 milliards d’euros en 2021, en hausse de 15,1% sur l’année (Covid oblige).  

Leclerc détient la plus grosse part de marché avec 22,5% en 2022, suivi de Carrefour avec 19,7% de part de marché. Ce sont les enseignes de grande distribution les plus dynamiques. En revanche, Lidl de son côté à une part de marché de 6,8 % et Casino obtient 7,7%.

Les acteurs de la Grande Distribution n’ont pas mesuré l’opportunité de l’e-commerce avant les années 2000. Il a fallu que certains pure-player grossissent et deviennent suffisamment menaçants pour que les enseignes se réveillent, parfois un peu tard. C’est sur le continent américain que la contre attaque sera la plus brutale à partir de 2014 avec des investissements massifs de la part de Wallmart pour concurrencer Amazon.

En 2020, la crise sanitaire est un super accélérateur. La vie se met en pause, les commerces ferment. Les enseignes alimentaires restent ouvertes pour approvisionner la population française. On applaudit les premières lignes.  Mais, un problème se pose, les gens ont peur de sortir de chez eux et se refusent de faire la queue dans des magasins bondés. C’est la revanche du Drive qui connaît des croissances fulgurantes. 

Selon “l’essentiel du drive 2022”, de 2019 à 2020, le drive a connu une hausse de 47 % puis de 6% de 2020 à 2021. 

Historiquement, l’idée du retrait automobile remonte à 1997 avec la création de la marque DriveMarché. Par la suite, de nombreuses enseignes ont ouvert leurs drives comme Chronodrive, (filiale d’ Auchan en 2004) ou Leclerc dès 2007 avec un drive sur le site de Roques-sur-Garonne. 

Le modèle du e-commerce du supermarché c’est le drive. Certaines enseignes quant à elles investissent dans les marketplaces ou vont s’allier avec des marketplaces existantes ou nouer des partenariats. Exemple récent, Monoprix s’est allié avec Amazon, le groupe Monoprix vend ses produits en e-commerce sur la marketplace Amazon.

Globalement, la covid a créé un climat propice à la digitalisation qui n’a fait que s’accélérer ces 10 dernières années. L’utilisation du drive s’est amplifiée pour l’alimentaire et les marketplace ont pris le relais pour le non-alimentaire.  

En effet, les consommateurs sont prêts. Les générations Y et Z ont été élevées aux jeux vidéos, et c’est tout à fait naturellement que l’arrivée du metaverse chamboule les codes établis d’un retail qui a besoin d’être dépoussiéré. Le metaverse va devenir un canal à part entière et les retailers l’ont bien compris. 

Comment les distributeurs vont-ils se comporter sur le web3 ?

Contexte : La Grande Distribution, le Web3 et le metaverse

Le metaverse est un monde virtuel fictif connecté à Internet. En d’autres termes, ce sont des espaces virtuels accessibles en 2D ou 3D en visioconférence. Le terme “metaverse” est la contraction du mot meta et univers. Le but de ces plateformes est de permettre aux utilisateurs d’échanger ou de jouer avec d’autres utilisateurs. 

Nous sommes loin du modèle de distribution classique dit brick and mortar et pourtant, les metaverses sont la reproduction assez fidèle du monde réel. On se promène dans des villes, on peut acheter des maisons où visiter des espaces publics.  

Mais alors, pourquoi la grande distribution se lance dans ce monde virtuel du metaverse et du Web3 ?

Comme tous les retailers, les acteurs de la grande distribution veulent offrir plus d’expériences à leurs clients. 

Le metaverse est une opportunité unique de construire des magasins immersifs et virtuels,  d’organiser des évènements thématiques mais aussi et surtout de mettre en place des jeux et de s’adresser à la Génération Z. En effet, les consommateurs de demain sont des gamers/génération Z.

Plus généralement, on parle ici de culturation, les enseignes de la grande distribution souhaitent se mettre à la page. Elles souhaitent également s’adapter aux nouvelles technologies, comprendre les codes, les habitudes et les technologies que la génération Z et alpha utilisent au quotidien. 

Les expériences se multiplient, par le passé de grandes enseignes, notamment Walmart a proposé à leurs clients des expériences de 3D COMMERCE. 

Très récemment, c’est META qui a accéléré le mouvement et poussé les retailers à investir le metaverse.  

Comme toujours, c’est le numéro 1 mondial, Walmart, qui investit le plus massivement dans le metaverse. L’entreprise a choisi de se lancer sur Roblox pour une raison simple : « Roblox est l’une des plateformes les plus dynamiques et les plus grandes du metaverse, et nous savons que nos clients y passent beaucoup de temps. Nous nous concentrons donc sur la création d’expériences nouvelles et innovantes qui les passionnent. C’est ce que nous faisons déjà dans les communautés où ils vivent et maintenant, les mondes virtuels où ils jouent », a expliqué William White, directeur marketing du géant de la distribution.

Exemples de distributeurs dans le metaverse

Dans le même temps Walmart annonce le lancement de magasins virtuels dans lesquels les clients peuvent essayer des vêtements avant de poursuivre leurs achats sur le site internet ou tout simplement en magasin physique. 

En effet, cet univers virtuel devient alors un espace où les clients peuvent tester de nouveaux styles, formes, coloris de produits. Cet outil est un excellent moyen pour les distributeurs de mesurer l’intérêt que portent les consommateurs à un produit avant de lancer la fabrication de ce dernier. Cela permet à l’entreprise de passer des commandes plus précises et de réduire les stocks mais surtout de répondre au mieux aux demandes des clients.

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Dans un réflexe capitalistique très “brick & mortar” les enseignes ont commencé par racheter des terrains sur des métaverses publics. 

Fin 2021, le groupe Casino fait l’acquisition d’une parcelle dans “The Sandbox” 

De plus, pour mieux cibler les gamers, l’enseigne propose à ses clients de jouer dans le metaverse pour gagner des bons d’achats. Capital nous décrit dans cet article la description d’un jeu basé sur le thème de l’alimentation afin de rester dans un domaine connu de l’enseigne. Les personnes jouant au jeu, détiendront par la suite, des “tickets d’or” afin d’avancer dans le jeu et de gagner des bons d’achat. Une bonne manière de proposer une nouvelle approche de fidélisation client via le Web3. 

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Carrefour enchaîne et investit lui aussi dans The Sandbox, avec une acquisition d’une parcelle de 36 hectares. Interrogés par certains internautes sur les raisons de cet achat, Carrefour n’avance pas de raison particulière pour l’achat de ce terrain virtuel. Pour la marque, il s’agit surtout de ne pas rater le rush vers ce nouveau canal de vente et c’est aussi l’occasion de faire du buzz. 

L’investissement dans le metaverse attire aussi les critiques. Certaines personnes ont rappelé que le groupe s’est séparé de plusieurs dizaines de milliers de salariés ces dernières années et ne voient pas d’un bon œil ce genre d’investissement. 

Au-delà du buzz, quelles sont les motivations ?

L’article d’internet retailing, relève les principales motivations des acheteurs qui s’engagent dans un univers virtuel à savoir : 

  • Fidélisation client (20%)
  • Servir les clients rapidement et efficacement (19%)
  • Faire du magasin une expérience immersive et impressionnante (14%)
  • Marketing, design et image de marque solides (14 %)
  • dans le metaverse en cryptomonnaie que d’utiliser sa carte bleue dans un magasin traditionnel. 

Quelques avantages du metaverse pour les distributeurs :

  • L’utilisation du support client sera facilité : les appels pourront se faire virtuellement et les assistants “Bot doué d’intelligence artificielle” pourront répondre instantanément aux demandes des clients. 
  • Adaptation permanente de leur stratégie marketing : le metaverse offre la possibilité de designer une multitude d’univers virtuels en fonction de leur cible client.
  • Proposer des NFT à leurs clients : Un jeton non fongible est une donnée composée d’un type de jeton qui représente un objet, auquel est rattachée une identité numérique.
  • Utilisation des cryptomonnaies : Le metaverse a sa propre monnaie. Aujourd’hui c’est aussi simple d’acheter un produit dans le metaverse en cryptomonnaie que d’utiliser sa carte bleue dans un magasin traditionnel. 

Exemples de marques lancés dans le metaverse :

L’exemple : Selfridges

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Selfridges est une chaîne de magasins britanniques fondée en 1908. C’est une institution, qui investit dans le metaverse pour offrir une expérience immersive à ses clients. Comme pour les autres distributeurs, ils ont fait l’acquisition de terres virtuelles “lands” et fournissent leurs propres NFT.

Habitué des collaborations, le magasin de luxe londonien s’est associé avec la fondation Vasarely ainsi qu’à Paco Rabanne afin de lancer sa boutique virtuelle dans “Decentraland”.

Dans cet espace virtuel, les utilisateurs pourront parcourir une visite guidée qui détaille chaque NFT et voir des expositions d’art.

Le monde du Luxe est désormais “rodé” au WEB3 et à l’usage du métaverse comme nous l’avions vu dans notre article les opportunités commerciales dans le metaverse.

L'exemple : Decathlon

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Pour comprendre comment tirer parti du métaverse et des NFT, Decathlon a créé un poste de chief métavers officer en décembre 2021. L’enseigne s’est lancée dans la commercialisation de NFT. Pour ce premier lancement, la marque a collaboré avec Séan Garnier, champion du monde et triple champion de France de football freestyle pour la création d’un modèle de sneakers. Les baskets sont disponibles en édition limitée à 2008 exemplaires et chaque paire est associée à un NFT de la blockchain Tezos. 

Décathlon a misé sur cette collaboration pour s’offrir la crédibilité de l’athlète mais également sa forte popularité et son influence sur les réseaux sociaux. Pari réussi, un investissement limité pour un résultat maximisé grâce au 5,6 millions de followers de Séan Garnier sur Instagram. 

Tezos est une plateforme évolutive pour le développement de contrats intelligents autour de la cryptomonnaie. C’est aussi une plateforme engagée dans la biodiversité et la réduction du réchauffement climatique. Naturellement, Décathlon s’est tourné vers cette plateforme pour ses NFT. 

L'exemple : La Nouvelle Cave

La Nouvelle Cave un nouveau concept de caviste qui entend rajeunir un concept vieillissant, a été précurseur dans l’innovation. L’enseigne créée en 2019, a pour vocation de se démocratiser et rendre accessible les meilleurs vins aux consommateurs. Elle s’appuie notamment sur de nombreuses innovations digitales (chatbots, cave virtuelle, …). C’est un laboratoire d’expérience pour le groupe. 

Après le lancement réussi en avril 2022 du premier virtual store immersif, dans lequel le client retrouve des fiches produits intégrant des modèles 3D. qui permettent de manipuler les bouteilles “comme si l’on était dans la boutique physique”, le caviste a proposé à l’occasion de la foire aux vins 15 NFT en collaboration avec la Maison Bouey (négociant Bordelais).

Les NFT sont droppés à l’occasion de la foire aux vins et peuvent être achetés en euros à la boutique de La Nouvelle Cave et sur le site e-commerce. Ces NFT sont matérialisés avec des QR code et une reproduction des flacons en bois qui permet d’accéder aux informations sur le vin. Les bouteilles achetées ne seront pas physiquement présentes sur le point de vente mais stockées dans les caves de la maison Bouey. Le NFT agit comme un certificat d’authenticité et une garantie d’un stockage dans les meilleures conditions. 

Opération réussie : la quasi totalité des grands crus ont été écoulés en NFT. 

Par ailleurs, les résultats du virtual store sont éloquents :

  • la mise en place du showroom virtuel a généré 15% de trafic complémentaire,  sur les 3 mois suivants le lancement
  •  le virtual store génère à lui seul 10% de ventes en plus depuis sa création
  •  le virtual store augmente de 35% le montant du panier moyen 

Conclusion : La Grande Distribution et le Metaverse

Le metaverse va continuer de bouleverser nos modes de consommation. L’objectif est clair pour les enseignes, rester au plus près des génération Z et Alpha, fidéliser et acquérir une notoriété auprès de leurs tout jeunes clients.

Le positionnement de Retail VR : Les distributeurs dans le Metaverse

Chez Retail VR nous sommes convaincus que le metaverse, le 3D commerce, les usages de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée sont l’avenir du commerce numérique.

Dans une démarche pragmatique, nous proposons à nos clients des expériences de vente qui facilitent l’engagement. Nous poursuivons notre stratégie de partenariat et offrons désormais une intégration de nos solutions avec les plus grands CMS & CRM disponibles sur le marché.  

Nous sommes fiers d’accompagner nos clients, retailers et industriels vers le commerce de demain en leur proposant des solutions toujours plus innovantes. 

Nos équipes techniques et commerciales sont à votre disposition pour étudier vos projets.